Inspiration ... Niki de Saint Phalle

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"Les Nanas" - Niki de Saint Phalle

Née d'une mère américaine et d'un père français, elle est le deuxième enfant d'une famille de cinq. Confiée pendant trois ans à ses grands-parents qui vivent à la campagne, dans la Nièvre, elle grandit ensuite à New York et se marie à l'âge de dix-huit ans avec le poète Harry Mathews.

 

Pendant longtemps, elle cache un lourd secret, le viol par son père à l'âge de onze ans, qu'elle révèlera en 1994, dans son livre Mon secret.

 

Elle travaille d'abord comme mannequin, pour VogueLife et Elle encouragée par le peintre Hugh Weiss.

A 22 ans, « victime d'une grave dépression nerveuse », elle est soignée en hôpital psychiatrique

 

« J'ai commencé à peindre chez les fous… J'y ai découvert l'univers sombre de la folie et sa guérison, j'y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l'espoir et la joie. »

 

C’est là que commence sa carrière. L'exposition parisienne de 2014 au Grand Palais « révèle la proximité de Niki de Saint Phalle avec Jean Dubuffet (1901-1985), le théoricien de l’art brut. »

Vers 1955, elle voyage en Espagne avec son mari et découvre les jardins de Gaudí. À Paris, où elle trouve son inspiration au musée d'art moderne, elle rencontre Jean Tinguely, qu'elle épousera en 1971, après avoir divorcé de Harry.

 

Les Tirs, performances durant lesquelles l'artiste tire à la carabine des poches de peinture, éclaboussant de couleurs des tableaux, la rendent célèbre au niveau international dès 1960.

 

À cette époque, Niki intègre le cercle des Nouveaux Réalistes, participant à l'exposition organisée par Pierre Restany « À 40 degrés au-dessus de Dada » à la galerie J, dirigée par Jeannine de Goldschmidt. De juillet à septembre 1961, elle est au « Festival des Nouveaux Réalistes » à la galerie Muratore de Nice. Puis elle participe à l'exposition « Le Nouveau Réalisme à Paris et à New York » organisée à Paris, à la galerie Rive droite. Elle crée des ex-voto, puis des Nanas, femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester ou recouvertes de mosaïques.

 

Ses œuvres plus tardives sont la Fontaine Stravinsky à Paris entre l'église Saint-Merri et le centre Pompidou, le Jardin des Tarots à Capalbio en Toscane, ou les Tableaux éclatés, dont elle a baptisé les trois premiers exemplaires Méta-Tinguely en hommage à son compagnon. Des Tableaux éclatés se trouvent au musée d'art et d'histoire de Fribourg. Sa dernière œuvre monumentale est un parc de sculptures en Californie : Queen Califia's Magical Circle.

 

Selon sa petite-fille, Bloum Cardenas, Niki et Jean ont toujours parlé ensemble de leur mort respective et de ce que deviendrait leur œuvre. « Ils reformulaient sans cesse leurs testaments, ainsi que les détails des devoirs dont serait chargé celui qui survivrait à l'autre. Jean aimait à dire : “Elle nous enterrera tous”, ajoutant que sa propre œuvre disparaîtrait avec lui. Cette boutade, et le fait qu'il ait disparu avant elle, Niki l'a pris comme un défi : elle s'est battue contre tous pour que le musée Tinguely existe. » Elle s'est aussi engagée dans l'association AIDS, et a réalisé avec son fils un film sur le sujet.

 

En 1992, elle réalise L'Arbre aux serpents, exposé au Musée des beaux-arts d'Angers. En 1994, pour des raisons de santé, elle s'établit à La Jolla, en Californie, elle y installe son atelier où elle crée de nombreuses sculptures et de moins en moins de peintures. Elle y reste jusqu'à sa mort. L'artiste, dont les poumons ont été rongés par les poussières de polyester qu'elle découpait pour ses sculptures, souffre d'insuffisance respiratoire depuis la fin des années 1970. Le 17 novembre 2000, elle est nommée citoyenne d'honneur d'Hanovre, en Allemagne, et fait don de 300 morceaux de son œuvre au Musée Sprengel. Elle s'éteint, le 21 mai 2002, des suites de son insuffisance respiratoire chronique.

 

Source : Biographie de Niki de Saint Phalle